Logiciels open source
Les logiciels open sources, ou logiciels libres, sont devenus une partie essentielle de notre vie quotidienne, qu’il s’agisse de l’ordinateur que nous utilisons, du smartphone que nous consultons constamment, ou des serveurs qui alimentent l’Internet que nous parcourons. Mais qu’est-ce que signifie vraiment « logiciel libre », et pourquoi cela compte-t-il pour les étudiants et pour la société en général ?
Définition d'un "logiciel open source"
Le terme « open source » découle de l’expression « Open Source Software », abrégée en OSS. Ce type de logiciel propose un code source librement accessible. Les développeurs et utilisateurs peuvent le modifier et le partager. Comparés aux logiciels propriétaires, les produits open source sont plus flexibles et moins chers à l’achat.
Un logiciel open source n’appartient ni à une seule personne, ni à une entreprise. Une grande communauté de développeurs en assure le support et améliore continuellement le produit grâce aux contributions collectives. Dans la plupart des cas, les organisations et entreprises optent pour les projets open source afin de limiter les coûts de développement.
Le terme « open source » implique bien plus que les seuls logiciels libres que des tiers peuvent consulter, copier ou modifier. Par son modèle de production décentralisé, le logiciel open source repose sur la révision par les pairs (un processus indépendant de contrôle de la qualité) et les contributions des communautés de programmeurs.
« Logiciel libre » [free software] désigne des logiciels qui respectent la liberté des utilisateurs. En gros, cela veut dire que les utilisateurs ont la liberté d’exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer ces logiciels. Ainsi, « logiciel libre » fait référence à la liberté, pas au prix (pour comprendre ce concept, vous devez penser à « liberté d’expression », pas à « entrée libre »).
En effet, l’open source ne signifie pas seulement l’accès au code source. Les conditions de distribution des logiciels libres, édité par l’Open Source Initiative (OSI), doivent respecter les critères suivants :
- 1. Redistribution gratuite
- 2. Code source
- 3. Œuvres dérivées
- 4. Intégrité du code source de l’auteur
- 5. Aucune discrimination à l’égard de personnes ou de groupes
- 6. Pas de discrimination contre les domaines d’activité
- 7. Distribution de la licence
- 8. La licence ne doit pas être spécifique à un produit
- 9. La licence ne doit pas restreindre les autres logiciels
- 10. La licence doit être neutre sur le plan technologique
Origine des termes libre et gratuit
En anglais, free signifie deux choses à la fois : « libre » et « gratuit ». Du point de vue marketing, cela représente des avantages : la connotation favorable du premier mot fait qu’on se méfie moins des astuces commerciales du second. Mais c’est aussi une source d’ambiguïté. C’est pourquoi les anglophones utilisent parfois le mot gratis pour souligner qu’une chose est vraiment gratuite.
Dans les langues latines comme le français, l’espagnol ou l’italien, le doute n’est pas permis, puisqu’on utilise deux mots, l’un issu du latin liber (liberté), l’autre du latin gratis (contraction de gratiis, « contre remerciements », donc « sans récompense », ou à prix zéro). En espagnol, par exemple, libre est une bonne chose (liberté de parole, etc.), tandis que gratis est souvent soupçonné d’être une astuce commerciale.
Dans le monde des logiciels en open source, à la fois libres (l’utilisation et la réutilisation sont encouragées) et gratuit (pas de prix facturé), les anglophones distinguent souvent les deux sens du mot free à l’aide de cette double assonance ; « free as in beer vs. Free as in speech » (« gratuit comme une bière vs. Libre comme la parole »).
Pourquoi l’anglais s’est-il retrouvé avec un seul mot, et pourquoi ce mot est-il free ? Curieusement, sa racine en vieil anglais est identique à celle du mot friend (ami).
Selon l’étymologiste Douglas Harper :
« [Tous deux viennent] du vieil anglais freon, freogan « libérer, aimer« . Le sens premier semble avoir été « aimé, ami, aimer » ; ce qui dans certaines langues (notamment germaniques et celtiques) connotait aussi la « liberté », peut être parce que le mot « aimé » ou « ami » s’appliquait aux membres libres du clan (par opposition aux esclaves). Le sens de « donné sans coût » date de 1585 et vient de la notion de « libre de coût« . »
Ainsi, le mot anglais désignant la gratuité vient-il de la notion sociale de liberté, à la fois par rapport à l’esclavage et par rapport au coût.
La différence entre les différents logiciels
Les termes « logiciel libre » et « open source » recouvrent à peu près la même gamme de logiciels. Cependant, ils disent des choses profondément différentes sur ces logiciels, car ils se basent sur des valeurs différentes. Le mouvement du logiciel libre fait campagne pour la liberté des utilisateurs de l’informatique ; c’est un mouvement qui lutte pour la liberté et la justice. L’idéologie open source, par contre, met surtout l’accent sur les avantages pratiques et ne fait pas campagne pour des principes.
GNU Operating System – Why Open Source Misses the Point of Free Software
S’agissant des logiciels gratuits, ou gratuiciel, ou freeware, il sont doivent être considéré comme des logiciels propriétaire distribué gratuitement sans toutefois conférer à l’utilisateur certaines libertés d’usage. C’est notamment le cas des logiciels dit « freemium » qui vise à proposer un produit ou le plus souvent un service gratuit, en libre accès, qui est destiné à attirer un grand nombre d’utilisateurs. A travers cette stratégie commerciale, l’objectif recherché est de convertir ces utilisateurs en clients pour une version ou des services complémentaires premium du produit ou du service plus évolué, haut de gamme mais surtout payant.
Intérêt de ces logiciels (pour les étudiants)
En tant qu’étudiants, il est important de vous familiariser avec les logiciels libres, notamment ceux recommandés par le SILL (voir ci-dessous). Ces logiciels sont utilisés dans de nombreux domaines, tels que l’éducation, la gestion de projet, le traitement de texte, les bases de données, la sécurité informatique, etc. En apprenant à utiliser ces logiciels dès maintenant, vous serez mieux préparés pour le monde professionnel, où l’utilisation de logiciels libres est de plus en plus répandue.
Selon une étude récente (2021) intitulée « L’impact des logiciels et matériels libres sur l’indépendance technologique, la compétitivité et l’innovation dans l’économie de l’UE« , commandée par la Commission européenne, les entreprises dans l’UE ont investi environ un milliard d’euros dans les logiciels libres en 2018, avec un impact sur l’économie européenne évalué entre 65 et 95 milliards d’euros.
Dans l’UE, ce sont les employés des petites et très petites entreprises qui sont le plus susceptibles de contribuer à la production de codes de logiciels libres (à la difference des Etats-Unis ou les contributions proviennent principalement de grandes entreprises). La plupart des grands sites web, de Google à Amazon, fonctionnent principalement avec des logiciels open source. Même dans les entreprises les plus raisonnables, l’open source s’infiltre avec des langages comme Java ou PHP. C’est un monde hybride, où coexistent le gratuit et le payant.
Une étude réalisée en 2019 par Teknowlogy pour le Conseil national des logiciels libres (CNLL), Syntec Numérique et Systematic, avait entrepris d’évaluer les ordres de grandeur des chiffres d’affaires générés par l’Open Source et les tendances sur les principaux marchés nationaux en Europe. Le marché français était, en 2019, le plus important en volume comparé (5,2 milliards d’euros) aux autres pays européens.
Ainsi, le Socle Interministériel de Logiciels Libres (SILL) est un référentiel de logiciels recommandés par l’État français pour une utilisation dans les administrations publiques. Son utilisation permet de favoriser l’indépendance technologique, de réduire les coûts, de stimuler la collaboration et de développer des compétences indispensables pour le futur. Alors, n’hésitez pas à vous intéresser aux logiciels libres recommandés par le SILL et à les utiliser dans vos projets personnels et professionnels !
Comment contribuer aux logiciels libres ?
Si vous êtes intéressé à contribuer aux logiciels libres, voici quelques moyens de vous impliquer :
- Développement de code :
- Vous pouvez aider à améliorer les logiciels en contribuant au développement, en corrigeant des bogues ou en ajoutant de nouvelles fonctionnalités.
- Tests et signalement de bugues :
- Tester les logiciels et signaler les problèmes que vous trouvez est une contribution précieuse.
- Documentation :
- Rédiger de la documentation claire et accessible pour les utilisateurs et les développeurs est essentiel.
- Support communautaire :
- Aider les utilisateurs novices à résoudre leurs problèmes sur les forums et les listes de diffusion.
- Traduction :
- Si vous parlez plusieurs langues, la traduction de logiciels est un moyen utile de contribuer.
Logo
Titre
Free software (Logiciel libre)
Open source (Source libre)
Freeware (Logiciel gratuit)
Public domain (Domaine public)
Définition
« FREE » signifie liberté, non le prix
« OPEN » ne signifie pas seulement l’accès au code source
« FREEWARE » correspond à un logiciel propriétaire distribué gratuitement
Le « PUBLIC DOMAIN » appartient à l’ensemble du public (pas de droit d’auteur)
Philosophie
Mouvement social
Réponse à un usage
Objectif marketing
Bien commun
Gratuit
Avantages
- Faibles coûts à l’achat (voire aucun)
- Fiabilité (créé et utilisé par les développeurs)
- Durabilité (absence de propriétaire unique)
- Sécurité (une communauté gére les bugs et virus)
- Flexibilité (absence d'autorisation du fournisseur)
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Inconvénients
- Coûts à long terme (transfert des données)
- Absence de support
- Facilité d’utilisation (destiné aux développeurs)
- Arrêt du suivi (par la communauté)
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Couvert par le droit d'auteur
Exemples de logiciels libres et open source

LibreOffice
Suite bureautique (traitement de texte, tableur, présentation, etc.)

Grammalecte
Correction grammaticale

Zotero
Logiciel de gestion bibliographique
Freeplane
Outils pour la cartographie mentale – Grapheur d’idées
GIMP
Editeur d’images – Dessin (matriciel)
VLC
Lecteur multimédia

Mozilla Firefox
Navigateur web

uBlock Origin
Bloqueur des publicités et des pisteurs
Exemples de logiciel freemium
Adobe
Logiciel de publication assistée par ordinateur

Telegram
Application de messagerie
Exemples de logiciel du domaine public
SQLite
Système de gestion de base de données embarqué
Socle Interministériel des Logiciels Libres (SILL)
Le Socle Interministériel de Logiciels Libres (SILL) est un catalogue de référence des outils numériques recommandés pour l’administration française.
Il est utilisé pour aider les administrations à naviguer et sélectionner les logiciels libres à utiliser, conformément à l’article 16 de la loi pour une République numérique.
En 2023, le catalogue référence 414 logiciels libres qui peuvent être répartie par : application de bureau, gestion de projets et collaboration, bureautique et productivité, e-learning et éducation, etc.